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«La tradition méritocratique n’est pas une tradition de quotas»
Posté le 6 janvier 2010 2 commentaires
La devise de la République Française est inscrite aux frontons de nos mairies et de nos écoles : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE.Ces valeurs fondent le socle du pacte républicain. Elles sont indissociables. Il n’est pas d’égalité sans d’abord la liberté, il n’est pas de fraternité sans égalité.
Toutes les discriminations sont contraires aux valeurs de la République. Elles sont inacceptables en ce qu’elles créent des inégalités de droits, elles sont dangereuses en ce qu’elles portent en germe la révolte et la violence en réaction à ces injustices.
Dans le domaine de l’éducation, particulièrement porteur de l’espérance d’un avenir juste, l’égalité des droits est fondamentale. Les conditions d’accès aux formations les plus exigeantes doivent être les mêmes pour tous. Le mérite seul doit ouvrir les portes des grandes écoles dont l’accès se fait sur concours. Un même concours pour tous est le garant du traitement égal de tous.
Je partage la position de Pierre Tapie, président de la Conférence des grandes écoles, opposé à toute politique de quota.
« Tout le monde peut prétendre à une formation en fonction de ses capacités et non de son milieu d’origine. »
Je vous invite à lire ci-dessous l’entretien paru dans le journal Libération qui expose clairement combien une telle politique serait inégalitaire et discriminatoire.
Josiane Fischer
Un article de LUCIE LE HOUEZEC paru sur le site du journal Liberation
LIBERATION
SOCIÉTÉ 05/01/2010 À 16H33,«La tradition méritocratique n’est pas une tradition de quotas»
INTERVIEW
Alors que l’objectif évoqué par le gouvernement d’atteindre 30% d’élèves boursiers dans les grandes écoles fait débat, Pierre Tapie, président de la Conférence des grandes écoles (CGE) explique sa position.RECUEILLI PAR LUCIE LE HOUEZEC
Pourquoi êtes-vous opposé cette politique de quotas?
Nous partageons l’objectif du gouvernement qui est d’intégrer plus de jeunes modestes dans les filières sélectives : médecine, droit, grandes écoles, Sciences Po, etc. Mais toute politique de quotas serait inefficace voire contre-productive car elle nécessiterait deux concours séparés, un pour les boursiers et un pour les non-boursiers. Dans un cas, tout le monde passerait les mêmes épreuves, dans l’autre, il faudrait prendre les meilleurs d’une sous-catégorie, ce qui est inégal. Actuellement, on compte 23% de boursiers en première année d’étude en grandes écoles, ce qui correspond aux chiffres des premières années de classe prépa en 2007-2008. A la rentrée scolaire 2009, il y avait 30% de boursiers en première année de prépa. C’est l’objectif qu’avait fixé le président de la République en 2008. On retrouvera donc naturellement dans deux ans le même pourcentage chez les étudiants en première année dans l’ensemble des grandes écoles. Ce chiffre est celui que Valérie Pécresse souhaite atteindre.
Comment expliquer qu’à l’Essec, l’école de commerce dont vous êtes le directeur, on ne dénombre que 12% de boursiers?
Que ce soit la rue d’Ulm [l’Ecole normale supérieure, Ndlr], Polytechnique ou l’Essec [Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales, Ndlr], ce sont des formations de catégorie mondiale où les concours d’entrée sont les mêmes pour tous. Sont donc retenus ceux qui ont la plus grande capacité à l’entraînement intellectuel. C’est un concours très sélectif où l’on retrouve beaucoup de personnes de milieux favorisés, pour qui passer des concours de ce type paraît plus normal. Si l’on arrive à avoir plus de candidats au concours d’entrée, il y aura de fait plus d’élèves boursiers.
Par ailleurs, si peu de étudiants boursiers sont inscrits, c’est que beaucoup pensent que les écoles payantes ne sont pas pour eux. Ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’on a mis en place au sein de l’école un système de bourses et de prix d’honneur et aujourd’hui à l’Essec, 60% des étudiants bénéficient d’un soutien financier.
Que préconise la Conférence des grandes écoles (CGE) ?
C’est très simple : ce que l’on fait depuis septembre. Des campagnes de promotions massives envers tous les lycéens, en particulier ceux issus de milieux défavorisés. Il faut que tous les français qui ont de bonnes capacités scolaires puissent prétendre à l’intégration d’une grande école. Le rôle des hussards noirs de la République [les instituteurs sous la IIIe République, Ndlr] étaient de trouver parmi leur classe de 30 élèves, 3 ou 4 bons éléments qui pourraient faire des études longues. Tout le monde peut prétendre à une formation en fonction de ses capacités et non de son milieu d’origine. La tradition méritocratique française n’est pas une tradition de quotas. Il faut qu’on montre aux lycéens qu’un investissement dans une formation longue, comme celles proposées dans les grandes écoles, est une garantie d’emploi.
Les étudiants de milieux défavorisés ont besoin aussi qu’on leur donne confiance en eux. Il faut montrer à ces étudiants que les formation longues sont normales. Pour cela, on prévoit fin janvier une journée orientation et portes ouvertes avec les grandes écoles au niveau national pour que les lycéens découvrent ces formations en grandes écoles.
2 réponses à “«La tradition méritocratique n’est pas une tradition de quotas»”
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Annie 9 janvier 2010 à 01:40
Oui aux bourses pour que l’argent ne soit pas un obstacle insurmontable, oui aux cours de mise à niveau, oui aux prépa gratuites. Non aux quotas qui désespèrent l’équité. La récompense revient au mérite, non à l ‘adresse ou à l’avis d’imposition.
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volterousseau 23 février 2010 à 08:31
Discrimination positive?
Non,ce n’est une démarche équitable ni fraternelle.
Si on veut relever le niveau dans les quartiers difficiles pour un accés aux grandes écoles,commençons par offrir des établissements scolaires digne de ce nom.
Au lieu de cela on ne remplace plus les professeurs les classe sont surchargées et certains établissements ressemblent de plus en plus à des lieux de non droit qu’à des endroits ou on enseigne les sciences.
Ce qui est le plus inquiétant dans cette idéologie importée d’outre atlantique ,c’est un sentiment de mépris d’un état impuissant qui se désengage en proposant des artifices de la gesticulation politicienne.
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